Savoir identifier les champignons lignivores

Le 18/02/20  -  Catégorie : Actimur

Avec le temps et les intempéries, les biens immobiliers se détériorent petit à petit. La présence d’humidité dans une maison ou dans un appartement peut mener à l’apparition de champignons lignivores. Ce phénomène peut avoir des répercussions sur l’état du logement mais également sur la santé de ses occupants. Actimur vous explique comment reconnaître ces champignons.

Qu’est-ce qu’un champignon lignivore ?

Un champignon lignivore se développe sur du bois humide, le menant lentement à la décomposition. Ce champignon peut revêtir différentes formes, certaines plus dangereuses que d’autres, classées en trois types de moisissure : la pourriture cubique, la pourriture fibreuse et la pourriture molle. Il est tout à fait possible de trouver plusieurs de ces pourritures sur un même bois.

Les pourritures cubiques attaquent en profondeur les bois mal ventilés, tandis que les pourritures fibreuses apparaissent sur les bois enfermés, que ce soient des bois feuillus ou des résineux, souvent cela provient à l’origine d’erreurs de conception ou de rénovation. Pour éliminer cette apparition, cela implique de lourds travaux. Les pourritures molles se retrouvent plutôt sur des bois en contact de l’air, et ce à cause d’un défaut d’entretien. Ces dernières n’occasionnent que des dégradations superficielles, elles restent faciles à éliminer.

Dans tous les cas, les champignons lignivores se développent dans des endroits humides et mal aérés. La pourriture cubique se développe au-delà d’un taux d’humidité de 20 %, la pourriture fibreuse au-dessus de 40 %, et la pourriture molle à plus de 50 %.

Les différents champignons que l’on retrouve dans les pourritures sont au nombre de 7 :

  • mérules ;
  • coniophorés ;
  • polyporés ;
  • tramétoïdes ;
  • agaricoïdes ;
  • corticiés ;
  • et cupulés.

En dégradant le bois et en favorisant des moisissures, ces champignons peuvent causer des dommages importants, notamment sur la structure et la charpente d’une maison. Quant à la santé, des champignons lignivores comme le mérule peuvent causer des infections des voies respiratoires, des bronchites, sinusites, otites ou encore de l’asthme. Une allergie à l’humidité peut également se faire ressentir, et ce dès le plus jeune âge.

Les champignons lignivores en pourriture cubique

La pourriture cubique se reconnaît par sa couleur brune et sa forme cubique, comme son nom l’indique. Elle crée des fissures dans le bois qui dessinent la forme de petits cubes.

La pourriture cubique comporte plusieurs types de champignons :

  • le mérule blanc et marron (le plus courant), qui se développe dans l’obscurité ;
  • le lenzite qui se développe sur des formes verticales comme des poutres ou des clôtures ;
  • le coniophore que l’on retrouve surtout dans les caves ;
  • l’agaric « paxillus panuoides » ;
  • les trametes ;
  • ou encore certains polypores.

Les champignons lignivores en pourriture fibreuse

La pourriture fibreuse dégrade le bois en lui infligeant une maladie appelée maladie cryptogamique. Des traces blanches apparaissent sur le bois, qui s’éclaircissent et se décomposent en fibres et filaments de petite taille.

Cette pourriture fait proliférer différents types de champignons :

  • le polypore des caves, appelé « donkiopora expansa » ou « phellinus contiguus », apparaît dur et de couleur blanche ;
  • le pycnoporus, de forme ronde et de couleur orange ;
  • le collybia, avec une chaire tendre et un pied visible ;
  • le trametes versicolor ;
  • le cupulés « schizophyllum commune » ;
  • les corticiés ;
  • et les agaricoïdes.

Les champignons lignivores en pourriture molle

Enfin, la pourriture molle se développe dans des endroits très humides et ramollit le bois en se nourrissant de cellulose.

On retrouve deux types de champignon dans la pourriture molle :

  • le « chaetomium globosum », avec un aspect poilu ;
  • et les ascomycètes.

Si vous constatez l’apparition de champignons sur les éléments en bois qui se trouvent dans les pièces humides de votre habitation, ne tardez pas à faire appel à un professionnel afin d’établir un diagnostic humidité au plus vite. Il est préférable de réagir au plus vite avant que votre logement ne se dégrade de trop, occasionnant des travaux coûteux.

Cela permettra dans un premier temps de rechercher et de traiter la cause de l’humidité (dégât des eaux, mauvaise ventilation, remontées capillaires, salpêtre, etc.), puis de trouver le traitement adapté pour sauver vos boiseries (chalumeau, fongicides, etc.), de les remplacer si besoin, pour que les champignons ne s’étendent pas. Il sera également important de trouver un moyen pour mieux ventiler votre logement.